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IA générative et propriété intellectuelle : risques juridiques pour les entreprises

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Le droit français réserve la qualité d’auteur à une personne physique. Qu’en est-il alors de la question de l’IA générative propriété intellectuelle ? Selon la loi, un contenu intégralement généré par une intelligence artificielle (IA) n’est donc pas protégé par le droit d’auteur. Par conséquent, les entreprises qui utilisent l’IA générative s’exposent à trois risques principaux : la contrefaçon, le non-respect du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) et la mise en cause de leur responsabilité juridique.

En 2026, l’IA générative s’est installée dans le quotidien des entreprises. Elle rédige des contenus marketing. Parfois, elle génère des visuels. En plus, elle accélère le développement logiciel. Le cadre juridique reste pourtant incertain sur plusieurs points, malgré une jurisprudence qui se précise mois après mois. AquilApp développe des logiciels sur mesure pour ses clients et les accompagne sur la conformité RGPD et IA de leurs projets.

Que dit le droit français et européen en 2026 sur l’IA générative propriété intellectuelle ? 

Le droit d’auteur français protège « l’œuvre de l’esprit ». Ce qui est défini à l’article L.111-1 du Code de la propriété intellectuelle (CPI). Cette protection suppose des choix créatifs libres et personnels. Un contenu produit uniquement par un algorithme, sans apport humain identifiable, ne remplit pas cette condition. Donc, il tombe donc hors du champ du droit d’auteur.

Règlement sur l'IA générative

Un jugement allemand est venu illustrer ce principe. Le tribunal de Munich a statué le 13 février 2026 sur trois logos créés avec l’assistance d’une IA générative. Il a refusé la protection par le droit d’auteur. En effet, il a jugé que les instructions (« prompts ») de l’utilisateur, même détaillées, ne suffisaient pas à établir un apport créatif humain déterminant. C’est l’algorithme, et non l’utilisateur, qui dominait le processus de création. Évidemment, ce raisonnement n’a pas de valeur juridique en France. Cependant, les praticiens du droit français le jugent transposable.

Le Parlement européen a adopté une résolution le 10 mars 2026 sur le droit d’auteur et l’IA générative. Le texte réaffirme qu’un contenu intégralement généré par l’IA ne doit pas bénéficier du droit d’auteur. Il demande aussi aux fournisseurs de modèles d’IA de documenter précisément les contenus utilisés pour l’entraînement. Cette résolution n’est pas contraignante en elle-même. Néanmoins, elle oriente les réformes européennes à venir.

La réglementation européenne de l’IA (AI Act) complète ce dispositif avec un calendrier d’obligations progressif.

ÉchéanceObligationSource
2 août 2026Transparence (art. 50) : signaler les contenus générés par IA, informer l’utilisateur d’un chatbot, signaler les hypertrucages (« deepfakes »)Règlement (UE) 2024/1689, art. 50
2 décembre 2026Délai de grâce pour le marquage technique (filigrane, métadonnées) des systèmes déjà en serviceAccord provisoire du Conseil de l’UE, 7 mai 2026 (paquet omnibus numérique)
2 décembre 2027Obligations pour les systèmes d’IA à haut risque (annexe III : biométrie, emploi, infrastructures critiques…)Accord provisoire du Conseil de l’UE, 7 mai 2026
2 août 2028Obligations pour les systèmes à haut risque intégrés dans des produits (annexe I)Règlement (UE) 2024/1689

Sources : Règlement (UE) 2024/1689 du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle ; accord provisoire du Conseil de l’Union européenne du 7 mai 2026. Les dates de 2027 et 2028 restent soumises à l’adoption formelle du texte.

Quels sont les risques de l’IA générative propriété intellectuelle pour les entreprises ? 

Il y a notamment trois risques juridiques à prendre en compte lors de l’utilisation d’une IA générative propriété intellectuelle. A savoir :

  • La contrefaçon 
  • Les données d’entraînement
  • Et, la responsabilité de l’entreprise

La contrefaçon

C’est le fait d’utiliser un contenu protégé sans autorisation. Ce qui vous expose à des poursuites civiles, voire pénales. 

D’ailleurs, le Syndicat national de l’édition (SNE), la Société des gens de lettres (SGDL) et le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC) ont assigné Meta en justice en mars 2025. Ils lui reprochent d’avoir entraîné son modèle Llama avec près de 200 000 livres protégés, sans l’accord des auteurs. Ce risque touche aussi les entreprises qui exploitent commercialement un contenu généré par IA sans vérifier son origine.

Les données d’entraînement

Le CPI autorise la fouille de textes et de données (Text and Data Mining, ou TDM) pour entraîner des modèles d’IA, à l’article L.122-5-3. Toutefois, les titulaires de droits peuvent s’y opposer par un droit d’opposition, appelé opt-out

La Sacem exerce ce droit depuis 2023 pour son répertoire de plus de 200 000 œuvres musicales. Une entreprise qui réutilise des données protégées sans vérifier cet opt-out s’expose elle aussi à un risque de contrefaçon.

La responsabilité de l’entreprise

Un salarié saisit des données personnelles dans un outil d’IA générative ? Ce geste constitue un traitement au sens du RGPD. La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) l’a confirmé dans sa délibération n° 2025-047 du 5 juin 2025. C’est l’entreprise, en tant que responsable de traitement, qui reste juridiquement engagée. Le salarié n’assume pas cette responsabilité à titre personnel.

Ces trois risques relèvent de registres juridiques distincts, souvent confondus en pratique.

RegistreCe qu’il protègeQui tranche
Droit d’auteurL’originalité d’une création humaine identifiableLe droit français et européen (CPI, jurisprudence)
Conditions contractuelles de l’outil IAL’usage autorisé du contenu généréLe fournisseur de l’outil (conditions générales d’utilisation)
Protection commerciale (marque, secret des affaires)La valeur économique et la confidentialité du contenuL’entreprise elle-même, via ses contrats et ses dépôts

Sources : Code de la propriété intellectuelle, art. L.111-1 et L.122-5-3 ; CNIL, délibération n° 2025-047 du 5 juin 2025.

Quelles sont les bonnes pratiques pour utiliser l’IA générative en conformité ? 

IA générative et Chat GPT

Une entreprise peut réduire ces risques sans renoncer à l’IA générative et propriété intellectuelle. Six pratiques limitent l’exposition juridique :

  1. Choisir des outils sous licence claire : les versions « entreprise » (ChatGPT Enterprise, Microsoft Copilot, Mistral Le Chat Pro) offrent des garanties contractuelles que les comptes personnels n’offrent pas.
  2. Ne jamais saisir de données identifiables : un nom de client, un dossier salarié ou un extrait de contrat ne doivent pas être collés dans un outil grand public.
  3. Tracer les prompts et les sorties générées : cet historique sert de preuve en cas de litige sur l’originalité ou la titularité d’un contenu.
  4. Faire relire chaque contenu par un humain : la V1 finale d’un contenu destiné à être publié doit toujours passer par une validation humaine.
  5. Étiqueter le contenu généré par IA : cette obligation devient effective le 2 août 2026, en application de l’article 50 du règlement européen sur l’IA.
  6. Signer un accord de traitement des données avec le fournisseur : ce document, appelé DPA (Data Processing Agreement), encadre contractuellement l’usage des données transmises à l’outil.

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Quelle gouvernance mettre en place pour bien gérer l’IA générative et propriété intellectuelle ? 

Ces bonnes pratiques individuelles ne suffisent pas sans cadre collectif.  Vous allez avoir besoin d’une gouvernance structurée de l’IA générative et propriété intellectuelle. Ce qui repose notamment sur plusieurs piliers :

  • Une charte d’usage interne, courte et opposable, qui liste les outils autorisés et les données interdites.
  • Un référent IA ou juridique, chargé de répondre aux questions des équipes.
  • Une formation régulière des collaborateurs aux risques de l’IA générative.
  • Un inventaire des outils utilisés, y compris ceux adoptés sans validation (« shadow IT »).
  • Une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) pour les usages les plus sensibles.
  • Des clauses contractuelles dédiées avec les prestataires et agences qui utilisent l’IA pour le compte de l’entreprise.

FAQ sur l’IA générative et la propriété intellectuelle

Non, en l’état actuel de la législation et de la jurisprudence, un contenu intégralement généré par une intelligence artificielle générative ne peut pas bénéficier de la protection du droit d’auteur. Pour être protégeable, une création doit obligatoirement porter l’empreinte de la personnalité de son auteur, ce qui exige un apport créatif humain identifiable. Néanmoins, une protection partielle peut être revendiquée sur le résultat final si vous justifiez d’une intervention humaine significative en amont et en aval (direction artistique précise, réécriture, retouches manuelles poussées, sélection et assemblage original).

Oui, la protection du code source par le droit d’auteur reste tout à fait possible, à condition que les développeurs aient exercé des choix créatifs, personnels et arbitraires dans l’organisation de l’architecture, l’enchaînement des instructions ou l’écriture des fonctionnalités du programme. Le droit d’auteur ne couvrira pas les portions de code générées de manière brute et automatique par l’assistant IA sans retouche, mais protégera l’œuvre logicielle globale dès lors que l’apport intellectuel humain reste prédominant et structurant.

C’est l’entreprise qui exploite et diffuse le contenu final qui porte la responsabilité légale de la contrefaçon, et non l’éditeur de l’outil d’IA (sauf clause d’indemnisation spécifique et rare dans les CGU). Si l’algorithme génère un visuel, un texte ou un code qui reproduit de manière trop similaire une œuvre protégée existante, la responsabilité civile et pénale de votre entreprise peut être engagée. Il est donc indispensable de mettre en place des processus de vérification (recherche inversée d’images, détecteurs de plagiat, revues de code) avant toute exploitation commerciale.

Le cadre légal européen s’est considérablement durci : à partir du **2 août 2026**, l’Article 50 de l’**AI Act** (règlement européen sur l’IA) impose une obligation stricte de transparence. Tout fournisseur ou déployeur de système d’IA doit veiller à ce que les contenus (textes, images, audios ou vidéos) générés ou manipulés de manière synthétique soient marqués comme tels. Ce signalement doit être explicite et visible pour l’utilisateur final. De plus, pour les formats visuels et sonores, ces contenus doivent intégrer des marquages techniques standardisés et lisibles par machine, tels que des métadonnées sécurisées ou des filigranes numériques robustes (*watermarking*).

Conclusion

L’IA générative accélère la production de contenu et de code. Néanmoins, elle déplace aussi le risque juridique vers l’entreprise qui l’utilise. Il y a notamment trois risques sur l’utilisation de l’IA générative et propriété intellectuelle. Citons notamment : la contrefaçon, le non-respect du RGPD et l’absence de protection du droit d’auteur. Néanmoins, il suffit d’une gouvernance claire pour y remédier. Une interdiction n’est pas obligatoire. 

AquilApp accompagne les entreprises dans le développement de logiciels sur mesure et dans l’intégration responsable de l’IA à leurs projets. Demandez un devis gratuit pour sécuriser vos usages de l’IA générative.

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